TRIP

Riga au taudis, mésaventures et magnificence

28/09/2017

Les personnages de la culture mainstream ont tous un objectif digne, puissant voire colossal. Luffy veut devenir le Roi des Pirates, Mulan doit sauver la Chine et Cersei veut tuer tous les êtres humains de Westeros (+ zombies + dragons). Moi, je ne rêve que d’une chose : partir en week-end sans ressentir le besoin d’apporter avec moi le sac à main magique de Joséphine l’Ange Gardien. Oui, je l’admets : peut-être que six t-shirts, c’est trop. D’un autre côté, le jour où nous serons envahis par les aliens et que je serai la seule à avoir une lampe torche dans le tunnel souterrain de la résistance,  on saura qui avait raison (moi). Bref, je ne suis pas prête à voyager léger de si tôt.

C’est donc avec mon sac Herschel rempli à raz bord que je me suis rendue vendredi soir  au Bussijaam de Tallinn (Bizarrement, je trouve le mot “station de bus” beaucoup plus impactant en Estonien). C’est incroyable à quel point les gares routières sont différentes ici. Ce sont de vraies gares, avec un bâtiment dédié, très loin des parkings aménagés Français ! Can you believe it ? On y trouve des commerces et même  des tableaux d’affichage avec les réelles voies d’arrivée (I’m looking at you, gare routière de Paris-Bercy). Incroyable. Nous avons voyagé avec Eurolines. Le bus est arrivé un peu en retard et l’organisation de l’embarquement était conceptuelle. Cependant, le bus à un étage et des écrans comme dans les avions pour regarder des films. Plutôt pardonnés.

Après 4h de jolis paysages de forêts estoniennes, quelques minutes de marche, nous voilà devant l’auberge de jeunesse. Les mésaventures commencent. Dans un coin douteux, sans aucunes indications, nous pénétrons une auberge du genre miteux. (Readers alert : ne plus manger à partir de maintenant) Ambiance étrange, odeurs nauséabondes, draps moites, l’hôte ne parle pas un mot d’anglais, n’a pas les réservations. Les douches communes ne semblent pas avoir été lavées depuis plusieurs jours et une végétation semble s’y développer. Plutôt pas pardonnés. Je dirais même : au secours.

Heureusement, Riga est une capitale magnifique et underrated et nous oublions vite les mésaventures de la veille. Nous commençons la matinée à errer dans le quartier hipster pour prendre le petit déjeuner au Rocket Bean Roastery, adresse approuvée par une vraie Lettone ! C’est une excellente adresse pour bruncher (même le samedi, oui oui), bien qu’un peu loin du centre ville historique (tout est relatif bien sûr, il faut compter 20 minutes de marche). Nous sommes loin des 23 euros parisiens, mais le brunch est plutôt cher pour Riga. Le chocolat chaud est un peu amer mais les viennoiseries très bonnes. Le lieu est très spacieux, illuminé, avec le genre de déco hipster-instagramable-so-undergrounnd-so-récup qu’on adore. Bonus : toilettes de luxe.

“Miam, du chou fleu au p’tit déj” – said no one ever

Direction la vieille ville. Les photos en témoignent, nous avons eu un ciel bleu azur tout le week end. En plus du bonheur rare de laisser son manteau derrière soi, tous les tons bleu, terre, jaune, rose de l’architecture sont renforcés et les sommets dorés des églises brillent comme des étoiles. La vieille ville de Riga est plus grande que la vieille ville de Tallinn. Elle est jonchée d’églises et cathédrales luthériennes et orthodoxes, dont la plus grande est la cathédrale de la Nativité. Elle est majestueuse avec ses dômes détaillés. Les intérieurs des églises sont colorés, chargés, dorés et ça m’a rappelé (de loin) les temples hindous du Sri Lanka. Il est très agréable de sillonner les petites ruelles pavées, ambiance médiévale. A ne pas rater, le marché de la vieille ville, vendant toute sorte d’aliments locaux à déguster, sur fond d’orchestre classique. On adore.

Il est 14h et on a faim alors direction Šefpavārs Vilhelms, dans la vieille ville. Ce restaurant sert des pancakes locaux préparés devant vous, avec d’autres spécialités locales. Vous pourrez ensuite vous servir comme dans un self. L’ambiance est rustique et chaleureuse, personnellement, c’est ce que je préfère. Autre point positif : le prix, 5€ pour le contenu de mon assiette, avec des pancakes fourrés de viande et pomme de terre. Diététique, non, mais très rassasiant !

Parmi notre groupe de 11, seulement deux d’entre nous voulions visiter le National Museum of Fine Arts (5 étages, 1€50 pour les étudiants : YES). Si vous réussissez à réprimer l’envie pressante de glisser sur la rampe d’escalier et/ou descendre les marches en gloussant telle une duchesse, on peut y découvrir des tableaux très accessibles. Sans surprises, l’art Letton a été marqué par le passé soviétique du pays. Il est intéressant de voir comment les artistes se sont exprimés sous la censure et comment la chute de l’URSS a aussi provoqué une rupture dans l’art. Tips : il y a une terrasse avec vue sur la cathédrale tout en haut. De rien.

Nous finissons l’après-midi au Radison Blue Hotel, au 27ème étage où se trouve un bar/restaurant. Spécialité : vue imparable sur Riga et cocktails aussi chers qu’à Paris. On adore quand même. Le restant de la soirée et dimanche feront l’objet d’un prochain article. Alors la question se pose, reviendrai-je vivante de l’auberge de jeunesse maudite ?! (Spoiler : oui)

Garance et Maniny philosophent sur comment faire pour prendre une douche à l’auberge sans la toucher des pieds 

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