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Début de l’aventure : flâneries automnales à Tallinn

25/09/2017

 

“Hello !”

“…”

“Thank you, bye, have a nice day !”

“…”

_____Ce fut, à quelques détails près, mes premières conversations (monologues) avec les caissiers et caissières lors de mon arrivée à Tallinn. J’ai pourtant tout essayé : ton enjoué (ça ne marche pas), sourire jusqu’aux oreilles (à part muscler les pommettes…), la sur-enchère d’au revoir (bonne soirée, bon week-end et au revoir : tu rêves). Voici donc mon premier conseil : en Erasmus et en voyage, calquez-vous totalement sur le comportement des locaux si vous ne voulez pas 1) passer pour une débile illuminée fétichiste de la politesse 2) mettre mal à l’aise vos interlocuteurs. C’est très simple et j’ai vite adopté le comportement adéquat : saluer dignement de la tête, ne pas trop sourire, partir généralement sans dire au revoir (OUI, PAS LE TEMPS DE NIAISER ICI) L’expression faciale ? Un mélange de la-tête-dans-le-métro et la-tête-dans-l-ascenseur. Mais alors, la question se pose : les caissiers estoniens auraient-ils l’amabilité d’une poutre défraîchie ? Eh bien non. Ici, tout simplement, la sobriété et l’espace personnel prônent sur tout le reste. C’est très positif : lorsqu’un caissier ou une caissière vous gratifie d’un sourire, vous avez l’impression d’avoir été béni et que la vie s’illumine ! Il paraît que le bonheur réside dans les petites choses.

_____C’était embêtant car il est vrai qu’on peut se préparer au froid, mais rien ne nous prépare à la glaceur d’une population. Heureusement, ce n’est qu’une façade et les Estoniens sont en réalité très gentils et respectueux (de façon générale et de votre espace personnel), juste un peu réservés aux premiers abords. Bien sûr quelques exceptions à la règle, comme Janek, existent. Janek, c’est une personne qui travaille sur la place où j’habite. Son travail, c’est de racoler les touristes à venir dîner ou boire un verre dans le restaurant en bas de chez moi. A force de me voir proposer de découvrir le restaurant à chaque fois que je sortais, j’ai fini par lui dire que j’allais habiter dans le coin jusqu’en janvier. Depuis, il a décidé qu’il serait notre ami, à mes colocs’ et moi.

_____C’est d’ailleurs grâce à lui que j’ai vécu la soirée la plus improbable de mon premier mois à Tallinn. Alors que nous sortions prendre un verre avec des potes, il a voulu nous accompagner. Malheureusement, il n’y avait plus une seule place au Hell’s Hunt, le bar où nous voulions aller. Mais un signe, très suspect, nous indiquait qu’il y avait un piano bar deux étages plus haut. Et pourquoi pas après tout ? Nous arrivons dans une pièce très étrange, meublée de fauteuils anciens, avec un piano au fond, avec pour seule population la serveuse et le musicien. Le bar est désert, on pense que c’est une soirée privée. Non, la serveuse est ravie de nous voir, nous encourage à rentrer. Plus de retours en arrière possible. Le pianiste, italien, nous annonce qu’il va jouer et chanter pour nous. Nous nous retrouvons donc assis dans des fauteuils anciens, dans un bar vide, avec des photographies de femmes étranges (pour ne pas dire carrément gênantes) tout autour de la pièce, avec un Estonien qui travaille en bas de chez moi, à écouter un pianiste italien chanter. Moment d’anthologie (la gênance, quoi). Non seulement ce n’était pas du tout la soirée que nous avions prévue, mais nous pouvions même plus discuter, tellement notre nouvel ami italien chantait fort. La soirée a continué à prendre un virage inattendu (complètement étrange) quand Janek a décidé qu’il voulait chanter lui aussi. Duo italien-estonien dans un bar désert. Janek s’amusait tellement qu’il est resté même après qu’on soit parti. Comme quoi.

 

_____Mais Tallinn, c’est bien plus que des caissiers-glaciers et des racoleurs-chanteurs. Tallinn m’a adoptée depuis un mois maintenant. Ses routes pavées me laisse arpenter ses jolies ruelles du Old Town, aux édifices colorés. Avec ses églises orthodoxes, son côté médiéval, ses petits cafés, on se sent vite bien à Tallinn. Il y a toujours quelque chose à faire. Par exemple, chaque année, les habitants de la ville se retrouvent au Kadriog Park à l’occasion de la fête des lumières, festival et animations organisés dans le but de célébrer la fin de l’été. Le parc est alors illuminé par des centaines et des centaines de bougies et les familles et les jeunes y déambulent volontiers. C’est vraiment une jolie soirée à ne pas manquer en septembre.  Avec cette soirée, on peut dire que ça y est, le coup de départ de l’automne est lancé, marquant aussi le début de mon Erasmus. Alors, bienvenue sur mon blog !

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