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Aventures lettones, la morale de l’histoire

25/10/2017

 

La nuit a poursuivi son cours à Riga et sans entrer dans les détails, elle s’est rythmée de coupures de courant dans les lieux les plus inattendus, de Subway écrasé dans un taxi et de tables renversées. Nous nous réveillons tôt le lendemain prêt à partir pour des nouvelles aventures. Dans un schéma narratif classique, un récit connait une situation initiale, un élément déclencheur, des péripéties et un dénouement. Nous avons effectivement trouvé un élément de résolution à notre problème de douche.  1) Aller sournoisement au supermarché 2) Se rendre au rayon fruits et légumes 3) Prendre plus de sachets en plastique que nécessaire 4) Attacher les sachets plastiques autour de vos pieds 5) Prendre sa douche en toute sérénité. Malheureusement et malgré cela, notre passage à l’auberge de jeunesse a fini par n’être qu’une suite de (très) mauvaises péripéties, chaque épisode venant empirer la situation initiale. Nous découvrons ainsi que les avis positifs sur Tripadvisor sont en fait le résultat d’une transaction du genre mafieux (totalement effrayant) : l’hôte offre des nuits gratuites contre des étoiles. Nous atteignons des sommets (et vraiment, ne plus manger à partir de maintenant) lorsque nous découvrons dimanche matin que quelqu’un avait déféqué dans une cabine. Aucun dénouement à cette aventure, mais deux morales : toujours lire les avis une étoile avant de s’engager, ne plus jamais faire confiance à Martha.

Heureusement, nous quittons les lieux définitivement pour une dernière journée à Riga. Entre rares courageux à s’être levés suffisamment tôt, nous sommes allés prendre un petit déjeuner dans une nouvelle adresse : Vest. Ce restaurant-bar propose aussi bien des petits déjeuners, des viennoiseries que des repas chauds le midi. Grande fut ma surprise quand, en commandant une gaufre, je vis arriver la gaufre-mère du royaume des gaufres les plus gourmandes de l’histoire.

Diabète déguisé en gaufre, ne vous laissez pas duper 

Nous avons poursuivi la matinée et le début de l’après-midi à errer dans le marché russe (“Central market”) et la vieille ville. Le soleil est toujours là et Riga, reste une capitale agréable, dynamique et vivante, même en s’éloignant du centre ville historique. Même si les visages restent fermés, la population y est au fond chaleureuse, comme à Tallinn. 

Aux alentours de 15h, nous nous rendons au restaurant Bolkklubs Ala Pagrabs, un restaurant en sous-sol de type taverne. Si vous aimez Game of Thrones, ce restaurant est fait pour vous ! Avec son ambiance médiévale et ses bougies, j’ai eu l’impression d’être tout droit entrée dans la série et que d’un moment à l’autre, The Hound allait arriver et me trancher la gorge ! J’en trépigne encore. Le côté taverne rend le lieu très chaleureux et surtout, la nourriture y est excellente pour un prix dérisoire. Le service y est un peu long mais j’ai toujours trouvé ça plus rassurant qu’un service trop rapide. Les plats ci-dessous nous ont coûté à peu près 6 euros : allez-y !

Lorsque nous sortons de table, l’heure du départ approche. Après s’être promenés une dernière fois sur les quais, nous nous dirigeons avec une once de regrets vers la station de bus. Nous rentrons avec Eurolines cette fois-ci. L’expérience a été plus concluante que Lux : l’embarquement est simple, il y a aussi un écran comme dans les avions pour regarder des films et assez de place pour camper au niveau des jambes. Le coucher de soleil nous accompagne tandis que nous revenons à Tallinn vers le confort, loin de l’auberge de jeunesse maudite. A bientôt, Riga ! 

TRIP

Riga au taudis, mésaventures et magnificence

28/09/2017

Les personnages de la culture mainstream ont tous un objectif digne, puissant voire colossal. Luffy veut devenir le Roi des Pirates, Mulan doit sauver la Chine et Cersei veut tuer tous les êtres humains de Westeros (+ zombies + dragons). Moi, je ne rêve que d’une chose : partir en week-end sans ressentir le besoin d’apporter avec moi le sac à main magique de Joséphine l’Ange Gardien. Oui, je l’admets : peut-être que six t-shirts, c’est trop. D’un autre côté, le jour où nous serons envahis par les aliens et que je serai la seule à avoir une lampe torche dans le tunnel souterrain de la résistance,  on saura qui avait raison (moi). Bref, je ne suis pas prête à voyager léger de si tôt.

C’est donc avec mon sac Herschel rempli à raz bord que je me suis rendue vendredi soir  au Bussijaam de Tallinn (Bizarrement, je trouve le mot “station de bus” beaucoup plus impactant en Estonien). C’est incroyable à quel point les gares routières sont différentes ici. Ce sont de vraies gares, avec un bâtiment dédié, très loin des parkings aménagés Français ! Can you believe it ? On y trouve des commerces et même  des tableaux d’affichage avec les réelles voies d’arrivée (I’m looking at you, gare routière de Paris-Bercy). Incroyable. Nous avons voyagé avec Eurolines. Le bus est arrivé un peu en retard et l’organisation de l’embarquement était conceptuelle. Cependant, le bus à un étage et des écrans comme dans les avions pour regarder des films. Plutôt pardonnés.

Après 4h de jolis paysages de forêts estoniennes, quelques minutes de marche, nous voilà devant l’auberge de jeunesse. Les mésaventures commencent. Dans un coin douteux, sans aucunes indications, nous pénétrons une auberge du genre miteux. (Readers alert : ne plus manger à partir de maintenant) Ambiance étrange, odeurs nauséabondes, draps moites, l’hôte ne parle pas un mot d’anglais, n’a pas les réservations. Les douches communes ne semblent pas avoir été lavées depuis plusieurs jours et une végétation semble s’y développer. Plutôt pas pardonnés. Je dirais même : au secours.

Heureusement, Riga est une capitale magnifique et underrated et nous oublions vite les mésaventures de la veille. Nous commençons la matinée à errer dans le quartier hipster pour prendre le petit déjeuner au Rocket Bean Roastery, adresse approuvée par une vraie Lettone ! C’est une excellente adresse pour bruncher (même le samedi, oui oui), bien qu’un peu loin du centre ville historique (tout est relatif bien sûr, il faut compter 20 minutes de marche). Nous sommes loin des 23 euros parisiens, mais le brunch est plutôt cher pour Riga. Le chocolat chaud est un peu amer mais les viennoiseries très bonnes. Le lieu est très spacieux, illuminé, avec le genre de déco hipster-instagramable-so-undergrounnd-so-récup qu’on adore. Bonus : toilettes de luxe.

“Miam, du chou fleu au p’tit déj” – said no one ever

Direction la vieille ville. Les photos en témoignent, nous avons eu un ciel bleu azur tout le week end. En plus du bonheur rare de laisser son manteau derrière soi, tous les tons bleu, terre, jaune, rose de l’architecture sont renforcés et les sommets dorés des églises brillent comme des étoiles. La vieille ville de Riga est plus grande que la vieille ville de Tallinn. Elle est jonchée d’églises et cathédrales luthériennes et orthodoxes, dont la plus grande est la cathédrale de la Nativité. Elle est majestueuse avec ses dômes détaillés. Les intérieurs des églises sont colorés, chargés, dorés et ça m’a rappelé (de loin) les temples hindous du Sri Lanka. Il est très agréable de sillonner les petites ruelles pavées, ambiance médiévale. A ne pas rater, le marché de la vieille ville, vendant toute sorte d’aliments locaux à déguster, sur fond d’orchestre classique. On adore.

Il est 14h et on a faim alors direction Šefpavārs Vilhelms, dans la vieille ville. Ce restaurant sert des pancakes locaux préparés devant vous, avec d’autres spécialités locales. Vous pourrez ensuite vous servir comme dans un self. L’ambiance est rustique et chaleureuse, personnellement, c’est ce que je préfère. Autre point positif : le prix, 5€ pour le contenu de mon assiette, avec des pancakes fourrés de viande et pomme de terre. Diététique, non, mais très rassasiant !

Parmi notre groupe de 11, seulement deux d’entre nous voulions visiter le National Museum of Fine Arts (5 étages, 1€50 pour les étudiants : YES). Si vous réussissez à réprimer l’envie pressante de glisser sur la rampe d’escalier et/ou descendre les marches en gloussant telle une duchesse, on peut y découvrir des tableaux très accessibles. Sans surprises, l’art Letton a été marqué par le passé soviétique du pays. Il est intéressant de voir comment les artistes se sont exprimés sous la censure et comment la chute de l’URSS a aussi provoqué une rupture dans l’art. Tips : il y a une terrasse avec vue sur la cathédrale tout en haut. De rien.

Nous finissons l’après-midi au Radison Blue Hotel, au 27ème étage où se trouve un bar/restaurant. Spécialité : vue imparable sur Riga et cocktails aussi chers qu’à Paris. On adore quand même. Le restant de la soirée et dimanche feront l’objet d’un prochain article. Alors la question se pose, reviendrai-je vivante de l’auberge de jeunesse maudite ?! (Spoiler : oui)

Garance et Maniny philosophent sur comment faire pour prendre une douche à l’auberge sans la toucher des pieds 

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Début de l’aventure : flâneries automnales à Tallinn

25/09/2017

 

“Hello !”

“…”

“Thank you, bye, have a nice day !”

“…”

_____Ce fut, à quelques détails près, mes premières conversations (monologues) avec les caissiers et caissières lors de mon arrivée à Tallinn. J’ai pourtant tout essayé : ton enjoué (ça ne marche pas), sourire jusqu’aux oreilles (à part muscler les pommettes…), la sur-enchère d’au revoir (bonne soirée, bon week-end et au revoir : tu rêves). Voici donc mon premier conseil : en Erasmus et en voyage, calquez-vous totalement sur le comportement des locaux si vous ne voulez pas 1) passer pour une débile illuminée fétichiste de la politesse 2) mettre mal à l’aise vos interlocuteurs. C’est très simple et j’ai vite adopté le comportement adéquat : saluer dignement de la tête, ne pas trop sourire, partir généralement sans dire au revoir (OUI, PAS LE TEMPS DE NIAISER ICI) L’expression faciale ? Un mélange de la-tête-dans-le-métro et la-tête-dans-l-ascenseur. Mais alors, la question se pose : les caissiers estoniens auraient-ils l’amabilité d’une poutre défraîchie ? Eh bien non. Ici, tout simplement, la sobriété et l’espace personnel prônent sur tout le reste. C’est très positif : lorsqu’un caissier ou une caissière vous gratifie d’un sourire, vous avez l’impression d’avoir été béni et que la vie s’illumine ! Il paraît que le bonheur réside dans les petites choses.

_____C’était embêtant car il est vrai qu’on peut se préparer au froid, mais rien ne nous prépare à la glaceur d’une population. Heureusement, ce n’est qu’une façade et les Estoniens sont en réalité très gentils et respectueux (de façon générale et de votre espace personnel), juste un peu réservés aux premiers abords. Bien sûr quelques exceptions à la règle, comme Janek, existent. Janek, c’est une personne qui travaille sur la place où j’habite. Son travail, c’est de racoler les touristes à venir dîner ou boire un verre dans le restaurant en bas de chez moi. A force de me voir proposer de découvrir le restaurant à chaque fois que je sortais, j’ai fini par lui dire que j’allais habiter dans le coin jusqu’en janvier. Depuis, il a décidé qu’il serait notre ami, à mes colocs’ et moi.

_____C’est d’ailleurs grâce à lui que j’ai vécu la soirée la plus improbable de mon premier mois à Tallinn. Alors que nous sortions prendre un verre avec des potes, il a voulu nous accompagner. Malheureusement, il n’y avait plus une seule place au Hell’s Hunt, le bar où nous voulions aller. Mais un signe, très suspect, nous indiquait qu’il y avait un piano bar deux étages plus haut. Et pourquoi pas après tout ? Nous arrivons dans une pièce très étrange, meublée de fauteuils anciens, avec un piano au fond, avec pour seule population la serveuse et le musicien. Le bar est désert, on pense que c’est une soirée privée. Non, la serveuse est ravie de nous voir, nous encourage à rentrer. Plus de retours en arrière possible. Le pianiste, italien, nous annonce qu’il va jouer et chanter pour nous. Nous nous retrouvons donc assis dans des fauteuils anciens, dans un bar vide, avec des photographies de femmes étranges (pour ne pas dire carrément gênantes) tout autour de la pièce, avec un Estonien qui travaille en bas de chez moi, à écouter un pianiste italien chanter. Moment d’anthologie (la gênance, quoi). Non seulement ce n’était pas du tout la soirée que nous avions prévue, mais nous pouvions même plus discuter, tellement notre nouvel ami italien chantait fort. La soirée a continué à prendre un virage inattendu (complètement étrange) quand Janek a décidé qu’il voulait chanter lui aussi. Duo italien-estonien dans un bar désert. Janek s’amusait tellement qu’il est resté même après qu’on soit parti. Comme quoi.

 

_____Mais Tallinn, c’est bien plus que des caissiers-glaciers et des racoleurs-chanteurs. Tallinn m’a adoptée depuis un mois maintenant. Ses routes pavées me laisse arpenter ses jolies ruelles du Old Town, aux édifices colorés. Avec ses églises orthodoxes, son côté médiéval, ses petits cafés, on se sent vite bien à Tallinn. Il y a toujours quelque chose à faire. Par exemple, chaque année, les habitants de la ville se retrouvent au Kadriog Park à l’occasion de la fête des lumières, festival et animations organisés dans le but de célébrer la fin de l’été. Le parc est alors illuminé par des centaines et des centaines de bougies et les familles et les jeunes y déambulent volontiers. C’est vraiment une jolie soirée à ne pas manquer en septembre.  Avec cette soirée, on peut dire que ça y est, le coup de départ de l’automne est lancé, marquant aussi le début de mon Erasmus. Alors, bienvenue sur mon blog !